Octobre : en quête de la Mordorée…

Les oiseaux du vin

Retour de promenade dans la forêt de feuillus parés d’ardentes couleurs automnales, l’humidité commence à envahir l’atmosphère et les lumières cuivrées s’éteignent progressivement. La forêt exhale une odeur de mousse et de champignons. Dans le ciel couchant, les peupliers dénudés semblent jouer les coraux.

Soudain, dans un vrombissement d’ailes, une ombre vespérale slalome entre les rangées d’arbres, puis s’évanouit. C’est la bécasse des bois, la mystérieuse reine de la forêt qui effectue sa passée du soir (moment où elle quitte le bois et se rend dans des pâturages pour se nourrir frénétiquement de lombrics)…

En journée, elle se blottit au milieu d’un tapis de feuilles mortes, et devient alors invisible en raison de son plumage mimétique qui possède une coloration d’un brun foncé aux reflets dorés. C’est en raison de ce plumage si particulier, qu’on l’appelle aussi « la mordorée ».

La bécasse – dénommée aussi « la demoiselle au long bec » dans la poésie cynégétique 😉 – « est un oiseau discret, très difficile à trouver » explique Paul-Henry Hansen-Catta, le rédacteur en chef du magazine Plaisirs de la chasse. « Un gibier de puriste pour chasseur délicat. D’ailleurs, le bécassier est l’opposé du viandard, il se revendique souvent comme un dandy, cultivé, raffiné ». Je vous laisse juge…

Inutile de vouloir dénicher la bécasse en plat dans les pages du Guide Michelin ou celles du Gault et Millau : ce fin petit gibier est toujours autorisé à la chasse, mais il est en revanche impossible de le servir au restaurant (ou de le négocier à l’étal d’un volailler). Seule et unique façon d’en manger : travailler l’amitié bécassière et se faire inviter par un chasseur qui aura l’idée géniale d’accompagner ce plat par un Châteauneuf-du-Pape.

En effet, la chair de la bécasse est ferme, subtile et puissante en goût… et même « incomparable quand elle est grasse comme lors des toutes premières gelées » (paroles de chasseur !). Pour la rehausser, il faut donc un vin puissant, volumineux en bouche afin qu’il contienne l’intensité de la chair du volatile. Et quel Châteauneuf-du-Pape convient mieux que l’un de ceux produits par le domaine de la Mordorée !

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Ce domaine produit depuis la fin des années 80 quelques-uns des plus grands Châteauneuf-du-Pape de la Vallée du Rhône. Le vignoble compte 60 hectares répartis en une multiplicité de micro-climats. Le travail de la vigne et des sols est basé avant tout sur le respect de la nature et des cultures. Les frères Delorme qui sont les fondateurs de ce domaine, sont des amoureux de la bécasse. Voici d’ailleurs ce qu’ils en disent :

« Passionnés et amoureux de l’oiseau merveilleux qu’est la bécasse, qui nous rend visite du mois d’octobre au mois de mars, nous avons choisi son surnom poétique pour baptiser le domaine « La Mordorée » ; deux autres surnoms : « La Dame Rousse » et « La Reine des Bois » symbolisent les noms de nos deux cuvées qui rendent également hommage à ce volatile. »

Quoi qu’il en soit, avec ou sans bécasse dans votre assiette, goûtez absolument au délicieux Châteauneuf-du-pape « La Reine des Bois » (80% grenache, 10% mourvèdre, 5% syrah, 2.5% counoise, 2.5% vaccarèse) issus de vignes de 60 ans plantées sur un terroir argilosiliceux sur galets roulés (vous savez, cette spécificité géologique issue de l’érosion de la chaîne des Alpes et qui emmagasine la chaleur du soleil la journée pour la restituer la nuit).

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Vous serez emballés par cette robe rubis foncée aux arômes de fruits rouges, de réglisse, de cuir, de truffes, de café, à la bouche longue et tellement concentrée.

Pour quelques euros de plus, tentez la cuvée haut de gamme « Plume de Peintre » (toujours en hommage à la bécasse : la plume du peintre, petite plume pointue en forme de fer de lance, provenait de l’aile de la bécasse et était utilisée au Moyen Age pour réaliser les enluminures), cuvée produite avec de très petits rendements et dans des quantités confidentielles.

Pour quelques euros de moins, foncez sur leur cuvée de Lirac (excellent rapport qualité/prix) !

Illustrations vineuses de la bécasse aux mille surnoms :

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Plus d’infos sur le domaine de la Mordorée : www.domainemordoree.com/

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