Star Wines

Itinéraire capiteux

3-galaxie

« Il y a bien longtemps, dans une galaxie vineuse lointaine…

La République vinogalactique est en pleine ébullition… »

Retour sur un week-end vineux qui s’est déroulé en trois actes…

ACTE  I : LA GUERRE DES BULLES

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Souvenez-vous de cette phrase « vinobelliqueuse » de W. Churchill : « Le champagne est nécessaire en temps de défaite, et obligatoire en temps de victoire »

C‘est dans cet état d’esprit, que nous nous réjouissons de l’entrée en scène des escadrons de champagnes vineux venus assaillir nos papilles impatientes :

– Un champagne Roederer cuvée Philippe Starck brut nature 2006 : un champagne d’une grande pureté  – comme celle d’un ciel étoilé en plein hiver – , tendu et très minéral pour un champagne vineux (55-60% pinot noir, 30 % chardonnay, 10 % pinot meunier). A déguster sur du poisson !

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Carpaccio de saumon

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– Un duo de champagnes Pol Roger Cuvée Sir Winston Churchill 1998 et 2000 (pinot noir prédominant, chardonnay) : une cuvée racée aux notes de miel, de viennoiseries et de fruits jaunes.

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– Des Krugs brut Grande Cuvée (45 % pinot noir, 37 % chardonnay, 18 % meunier) : une pluie d’étoiles et de bulles sémillantes et toastées s’abattent dans les verres.

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– Quand le Bollinger RD extra brut 1997 (63 % pinot noir, 37 % chardonnay) passe, le Krug trépasse… Incontestablement un champagne stratosphérique (élaboré uniquement lors des très grandes années), vineux, gras et torréfié, avec beaucoup de matière, aux arômes de paprika et de fruits confits. Le tout est drapé dans une fraîcheur et une vivacité étonnante du fait du dégorgement récent. Sans doute le champagne le plus abouti… une symphonie vineuse savourée sur des gnocchis truffés.

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ACTE  II : LA PLANÈTE DES ROUGES

L’offensive musclée des grands crus de bordeaux 1989 vient rehausser les saveurs de la côte de bœuf grillée

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Quintet vineux !

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Accord parfait

Avec des Troplong-Mondot en mode « attaque des clones » 😉 (cf photo) …. et au final un quatuor à caudalies :

  1. Pauillac, Château Pichon-Longueville, Comtesse de Lalande 1989
  2. Pomerol, Château l’Evangile 1989
  3. Saint Emilion, Château Troplong-Mondot 1989
  4. Pauillac, Château Lynch-Bages 1989

Le Lynch-Bages se la joue même premier soliste et tire le quatuor vers le haut par son étonnante jeunesse (tanins moins fondus), sa concentration en fruits rouges et sa fraîcheur aromatique.

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La Loire fait ensuite une courte apparition avec un Chinon Clos de la Dioterie 1989 du domaine Charles Joguet, au nez bien marqué par les arômes de poivrons verts, mais à la bouche délicate et soyeuse, évoquant le cuir souple et les fleurs rouges fanées.

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Enfin, les grands crus de bourgogne contre-attaquent dans un déferlement de finesse :

  1. Clos-Vougeot Grand Cru vielles vignes, Château de la Tour, 2008 : un vin de velours, aux senteurs de fruits rouges et de violette, extrêmement délicat, encore sur la réserve.SAM_6288
  2. La Romanée-Saint-Vivant, domaine de la Romanée-Conti, 1989, sort d’une fenêtre spatio-temporelle… Une comète passe, suivie d’un ange… « Maître Yoda de Villaine » accompagné de Lalou Bize-Leroy fait parler la poudre du haut de son vaisseau :

« Je dirai un goût de pétale de rose en train de se faner, le bouquet de roses sur le piano des vieilles tantes…à la finesse diaphane signant les grands pinots à maturité  » (A. de Villaine)

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Fasciné par ce vin, je l’observe lentement descendre et remonter sur les parois de mon verre : instant rare où le temps semble être en suspension… Dire que je tiens enfin ce vin entre mes mains fiévreuses… Comment ne pas être fébrile au moment de l’humer à pleins poumons, de le porter à ses lèvres ?

Je me lance… quel frisson de volupté… Un vin cosmique au nez très expressif, avec des notes poivrées (un grand poivre délicat du Sichuan), et en bouche, une prédominance de notes florales évanescentes (roses fanées). Il y a dans ce vin comme « l’explosion printanière relativement lente et parfaitement silencieuse des pivoines » (Philippe Jaccottet).  La finesse dans la complexité.

Des mots résonnent en nous :

« Vin de Prince, elle est velours, séduction et mystère. C’est le plus proustien des grands vins : sous le parfum secret de pétale de rose à peine fanée d’une Romanée-Conti, n’est-ce pas l’intense et pure sensation du Temps retrouvé qui nous envahit ? »

ACTE  III : LA REVANCHE DES BLANCS

Avec tout d’abord, la bourgogne au sommet de son art dans un trio puissant :

  1. Corton-Charlemagne Grand Cru, domaine Bonneau du Martray, 1993
  2. Puligny Montrachet 1er cru Les Champs Canet, Louis Carillon et fils, 1996
  3. Meursault 1er cru Les Charmes, domaine Leroy, 1997
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Clin d’œil bourguignon : l’œuf en meurette réapproprié façon Passard (œuf poché et velouté de topinambours).

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Meursault 1er cru Les Charmes, domaine Leroy

Puis à son tour, la Loire, cette « sourde introduction à la mer, porteuse de nouvelles de l’océan que se répètent un million de peupliers » (Paul  Claudel), atteint des sommets avec quelques vieux liquoreux du mythique millésime 1989 à la garde inégalée :

  1. Vouvray Le Haut Lieu moelleux, domaine Huet, 1989
  2. Vouvray moelleux réserve 1ère tri, domaine du Clos Naudin, 1989
  3. Vouvray Clos du Bourg moelleux, domaine Huet, 1989

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Ces liquoreux ligériens portés par une noble acidité nous livrent une « sonate d’automne » par leur couleur chatoyante et leurs arômes de surmaturité qui mêlent le coing, les poires pochées, la tarte tatin. La bouche est d’une richesse superbe. La combinaison sucres / gras / alcool / acidité est d’une souveraine harmonie.

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Sonate d’automne ligérienne.

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La ronde des bleus… fait danser les liquoreux.

Quelques minutes plus tard, des grappes d’or tombent des étoiles avec :

– un Sauternes, Château d’Yquem, 1989

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– un Jurançon, Clos Joliette, 1982

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– un Alsace pinot gris « Clos Jebsal » vendanges tardives, domaine Zind Humbrecht, 2005.

Nos papilles sont éblouies par tant de lumières flamboyantes. Les verres s’embrasent…

Enfin, un astéroïde passe :

… pas celui de Didier Dagueneau, mais celui de Marie Sisqueille : un muscat de Rivesaltes Château Sisqueille 1874 (grenache noir majoritaire, grenache gris, grenache blanc), une rareté dont il a été tiré 626 bouteilles… La couleur rubis tuilée est étonnante.  Le verre exhale des arômes de noix, de caramel, des notes fumées voire presque « tourbées » : un muscat à la richesse aromatique et à la longueur démentielles.

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Un vin céleste de 140 ans (merci François R. !) qui nous fait voyager dans l’espace temps comme le robot Philaé sur sa comète.

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Après l’assaut final, le tableau vinogalactique :

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SPACE-HUBBLE-STELLAR CLOUD

Post-scriptum : Un dégât collatéral à déplorer avec un Clos de Tart 1989 bouchonné, un crève-cœur…

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