Yannick Amirault : des bourgueils de haute facture

La Loire comme vous ne l'avez jamais bue...

En ce début de Mai, le vignoble de Bourgueil porte encore les stigmates d’un tout récent gel tardif et assassin. Le coupable : un air froid couplé à un vent d’ouest porteur d’humidité. Certains domaines ont perdu les 2/3 de leur future récolte 2016… C’est le cas du Domaine Yannick Amirault…

Alors, faites un geste en ce printemps 2016, buvez du Bourgueil !

IMG_5588IMG_5585

En foulant ce sol de sable et de graves, on pense bien sûr au célèbre œnologue Jacques Puisais (même s’il préfère au Bourgueil le Chinon !), et surtout à Jean Carmet, natif de ce terroir. Voici en quels termes ce grand amateur de muflées ligériennes rendait hommage aux vins de Bourgueil dans la préface de la première édition (1992) du livre Grands et petits vins de France  :

« Voilà pourquoi les vins de Loire sont des vins simples qui s’expriment sans emphase. À condition qu’on les respecte, ils s’ouvrent pour vous offrir toutes les richesses de leur jardin. Ils aiment vous faire des surprises, vous attaquent quand vous les mâchez, vous embarquent dans leurs arômes, se rappellent à votre mémoire et, sans vous abandonner, tapissent votre palais de fraîcheur et de propreté. »

En montant vers le haut du village de Bourgueil, peu avant d’arriver au pied du coteau calcaire, on trouve le domaine Yannick Amirault, l’un des meilleurs domaines de l’appellation (à mes yeux, dans le top trois de l’appellation, avec le domaine de la Chevalerie et le domaine de la Butte). Yannick Amirault possède une vingtaine d’hectares sur les appellations Bourgueuil et Saint-Nicolas-de-Bourgueuil.

IMG_5587

Les vendanges sont manuelles, les raisins sont cueillis à de très belles maturités (point de verdeur, ni d’odeur « poivronnante » !) : on le ressent tout de suite dans les cuvées 2014 du domaine, intenses, pulpeuses, gorgées de fruits rouges croquants.

L’élevage se fait en fûts pendant 10 à 30 mois selon la cuvée.  Le domaine possède de nombreuses cuvées parcellaires qui illustrent dignement la palette de terroirs du bourgueillois.

IMG_5593

Petit coup de projecteurs sur deux cuvées (l’ensemble des crus du domaine sont facturés entre 13 et 20 euros… à bon entendeur !) :

  • Une cuvée sur l’appellation Saint-Nicolas-de-Bourgueil qui se déguste dans sa prime jeunesse, sur le fruit : « Les Malgagnes » 2013. Cette cuvée est issue d’une terre argileuse et de vignes de 50 ans. Ce vin est d’une grande finesse. Il est porté par des arômes de framboises et de griottes, dont les tanins sont très discrets (délicatesse du millésime 2013)… il « pinote » presque (confusion garantie à l’aveugle) !
  • IMG_5595
  • Une cuvée sur l’appellation Bourgueil, cuvée de garde dénommée « La Petite Cave ». Elle provient d’un terroir argilocalcaire. Le millésime 2009 est actuellement superbe à boire (fruits noirs bien mûrs, cacao, tabac…) ; par sa puissance et sa complexité aromatique, il fait concurrence aux grands crus classés de Bordeaux ! La cuvée 2014 a une belle fraîcheur et une concentration en fruit exceptionnelle, mais les tanins sont encore austères. Un vin à attendre et à boire dans 10 ans…IMG_5597

Jacques Puisais a raison : « un vin juste doit avoir la gueule l’endroit et de l’année où il est né, et les tripes du bonhomme qui l’a fait ». Les crus de Yannick Amiraut en sont une remarquable illustration.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s