Une heureuse lecture estivale…

Littérature spiritueuse

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Peu importe qu’on soit pour ou contre le vin naturel, il faut lire le dernier roman de Christian Authier qui nous offre une plongée savoureuse et truculente dans l’univers du vin naturel.

Des heures heureuses, en plus d’être le portrait d’une amitié hors du commun façon Un singe en hiver (Christian Authier est un fervent admirateur de l’écriture d’Antoine Blondin), est aussi une sorte de road-movie bachique, un véritable apprentissage de la vie par le vin, entre griseries, agapes mémorables et rencontres hors du commun avec une ribambelles de zigues autour du zinc…

Ce livre célèbre l’amitié, le partage et l’amour du vin. En définitive, il nous livre une certaine idée de la vie, loin du tintamarre de notre mode de vie actuel !

En célébrant le goût de la boisson, Christian Authier capte, entre légèreté et mélancolie, la fuite des jours et des quelques moments d’éternité qui les ponctuent. Dans cette histoire d’amitié entre deux hommes se niche un hymne à la liberté, une forme de poésie, pour « Nous qui sommes trace éphémère. Dans la merveille et dans l’effroi » (épitaphe inscrite sur la tombe de Georges-Emmanuel Clancier, grand écrivain disparu en ce début de mois de juillet).

Extrait :

« Quelques jours plus tôt, Thomas avait vu à la télévision Vincent, François, Paul et les autres … de Claude Sautet. Dans ce film, les types, et aussi les femmes, fumaient partout, tout le temps, en téléphonant, en mangeant,en jardinant, au saut du lit. A cette époque, au début des années 1970, les gens ne s’en faisaient pas. Ils n’avaient pas peur.

Depuis, la peur avait fait son œuvre. On avait peur de vieillir, de fumer, de manger, de boire, de faire l’amour, de conduire, de prendre l’avion, de s’endormir sans avoir branché son alarme. Bref, on avait peur de vivre, mais l’on voulait vivre le plus longtemps possible sous cette peur. »

N’ayez pas peur, achetez et lisez Christian Authier !

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Un verre luisant…

Dithyrambe de la Bourgogne vineuse

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« Bulles luisantes » est un vin mousseux millésimé issu des raisins des jeunes vignes d’Aligoté du Clos des Monts Luisants, élevé sur lies et vinifié selon la méthode champenoise traditionnelle par le domaine Ponsot.

Production totale : 1 139 bouteilles et 499 magnums uniquement dans le millésime 2014.

Un blanc de blanc inédit, rare, d’une classe folle, issu d’un des plus beaux terroirs de blancs de la Côte de Nuits : définitivement un OVNI (objet vineux non identifié 😉 !

 

« Soudain le ciel d’été s’embrase

C’est un feu de vignes…

Des rayons d’or apparaissent sous les étoiles

C’est la flamme de l’Aligoté

Qui allume nos verres luisants…

Et l’astre vineux luit à minuit. »

 

 

« De l’amour » de la Bourgogne…

Dithyrambe de la Bourgogne vineuse

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PROFESSION DE FOI VINEUSE

Le vin de Bourgogne, c’est ma première gorgée de vin, la plus décisive, celle qui a ordonné la naissance de ma vie bachique. Ce fut un choc organoleptique et sensoriel… : le souvenir d’un Charmes Chambertin à la sensualité féminine et à la complexité renversante. Puis une évidence … qui a bu du Bourgogne, en boira toute sa vie !

Depuis, ma passion pour le vin de Bourgogne n’a eu de cesse de se développer, tout en étant irriguée par cet art incomparable de la diversité qui distingue ce vin de tous les autres et, aux yeux du converti, les éclipse. La palette bourguignonne est infinie, car chaque cru possède sa personnalité. Le vin de Bourgogne est subtil et tout en nuances, polymorphe ou métamorphique, il défie la loi du temps : en cela, il est confondant !

Boire un verre de vin de Bourgogne c’est aussi une expérience mystique : celle qui rend hommage au prodigieux travail des moines cisterciens qui ont su développer une véritable philosophie du terroir, en créant cet infini morcellement de parcelles et de clos, véritable mosaïque de crus hiérarchisés qui épouse les ondulations du mille-feuille géologique. La seule lecture des noms de ces climats est poésie : Les Amoureuses, les Gouttes d’Or, l’Ile de Vergelesses, En songe…

Enfin, le vin de Bourgogne symbolise pour moi tous ces moments d’attente, de rêverie, de fébrilité, de frissons, de tremblements, de sidération, de plénitude, et enfin de joie profonde. Bref, ces instants presqu’éternels qui font le sel de la vie…

A mes yeux, sa supériorité est incontestable sur tous les autres vins. Son raffinement est suprême. Maurice Constantin-Weyer avait totalement raison en écrivant ces lignes :

« La majesté des soleils couchants emplit les vins de pourpre et d’or,

comme pour leur confier le soin de les décrire.

Ils s’en acquittent différemment.

Le bourgogne le fait en grands alexandrins.

Le bordeaux, en décasyllabes.

Et tant de petits crus frappent des vers libres d’une fantaisie délicieuse. »

C’est dans tout cela que je puise mon profond attachement pour les vins de Bourgogne…

Je vous donne rendez-vous le samedi 2 juin prochain au Chapitre de la Vigne en fleurs au château du Clos Vougeot, pour célébrer le vin de Bourgogne.

BRIN d’herbe !

Itinéraire capiteux

Le printemps est la saison idéale pour goûter à la « plénitude herbeuse », comme nous y invite avec une grande érudition l’historien Alain Corbin dans son dernier ouvrage La fraicheur de l’herbe, histoire d’une gamme d’émotions.

L’herbe de la verte prairie est une invitation au repos après de longs agapes … (cf Le déjeuner sur l’herbe)

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Le balancier des hautes herbes face aux assauts du vent et le frémissement rythmique des élytres sont une invitation à la sereine rêverie, à la contemplation, à l’impressionnisme…

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« De hautes graminées mobiles, légères, d’espèces diverses, et parmi elles des fleurs jaunes, ou roses, indistinctes, nombreuses et diverses elles aussi, à peine mieux connues. L’herbe haute, légère, qui tremble sans aucune apparence d’effroi ou seulement d’agitation, qui vibre plutôt, et c’est le soir, le long soir où volent les martinets.  (…) Un frémissement de tiges fines, droites, porteuses de graines, à peine attachées à la terre bien que liées à sa noire profondeur. Comme si la terre s’affinait en montant vers le ciel pur, lui tendait ces offrandes sans poids, à la rencontre de la pluie, leur sœur. (…) Une étendue animée, accueillante, rassurante, fraîche. La terre qui se modifie en surface, sous le ciel, qui se divise, s’allège, s’anime et monte. On ne saurait parler d’un chant ; à peine d’un chantonnement. Si près de nous. Si simple. »

Philippe Jaccottet, Beauregard, trois fantaisies.

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Humer le parfum de l’herbe fraîchement coupée, se laisser bercer par la douceur de l’herbe tendre, voire même se laisser aller à mordiller un brin d’herbe…

… ou plutôt un brin de vin !

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Domaine de Brin, AOP Gaillac, Cuvée Brin de Temps, 2016 :

Un vin dense et pulpeux, digeste et élégant. Le nez est dominé par les fruits noirs comme la mûre, le cassis auxquels s’ajoutent des parfums de fleurs (violette, pivoine) et des notes d’épice et de réglisse. L’attaque  est gourmande et intense avec un joli fruit profond et frais. Les tannins sont soyeux.

Vinification : cuvée composée de deux cépages (Duras 50%, Braucol 50%) ssus de vignes trentenaires poussant sur un sol argilocalcaire.  Le rendement est faible : environ 20hl/ha. la récolte des raisins est manuelle (élimination des rafles pour vinifier seulement les baies de raisins). La fermentation est spontanée avec les levures indigènes naturellement présentes sur la peau du raisin. La cuvaison dure environ 25 jours avec un pigeage manuel alterné de quelques remontages pour favoriser l’extraction de la couleur, des tannins et des arômes. L’élevage dure 22 mois en barriques, est réalisé sans foure. La mise en bouteille se fait sans filtration préalable et avec un très faible sulfitage.

Au domaine de Brin, la conduite du vignoble en culture biologique a pour but de favoriser la vie des sols en laissant un enherbement naturel permanent et un travail du sol uniquement entre les ceps. Les vignes sont presque « folles » tant les rangs sont enherbés (luzerne sauvage, plantain lancéolé etc), sauf sous les ceps où la tonte est alternée… « Lherbe c’est la vie » comme le clame Damien Bonnet, ce jeune vigneron pétri de talent qui incarne le renouveau de l’appellation Gaillac !

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Prairie d’orchidées (Orchis mascula) et de boutons d’or (Ranunculus repens)

En toute hanami’tié !

Actualité vineuse

La beauté est toujours fugace et fragile : c’est d’ailleurs ce qui la rend si fascinante.  Il faut savoir la cueillir et… l’accueillir… elle devient alors comme une joie lumineuse qui éclate en nous.

En ce moment, la délicate floraison des prunus est une féérie du visible. Au détour d’une rue, au milieu du bruit et de l’urbain, notre regard est soudainement saisi par des grappes éclatantes de fleurs blanches ou roses, qui décorent l’hiver et en annoncent le glas…

Voici venu le temps de l’hanami, cette célébration contemplative de la beauté végétale, cette communion collective sous les cerisiers en fleurs (sakura en japonais) ! L’hanami signifie « regarder les fleurs » ou plus précisément « voir la beauté des cerisiers en fleurs« . Au Japon, les sakuras sont l’objet d’un véritable culte national au printemps :  les familles et groupes d’amis courent célébrer leur beauté en pique-niquant sous les arbres des parcs. La fête se transforme alors en véritables banquets de plein air gargantuesques et arrosés !

Historiquement, l’hanami était une célébration plutôt « réservée » à l’aristocratie japonaise qui percevait dans toute cette profusion de fleurs belles et éphémères, une véritable métaphore de la vie. Les paysans se servaient quant à eux de la floraison des cerisiers pour prédire la qualité de la récolte à venir, et en profitaient pour faire des offrandes aux arbres.

Hâtez-vous de goûter à l’hanami des prunus, le pic de floraison (mankaï) – ce climax de la beauté florale printanière – approche à grands pas !

Pour que la communion n’en soit que plus totale, profitez-en pour ouvrir ce Saumur-Champigny « Hanami » de Sébastien Bobinet, cuvée nature (vinifiée en macération carbonique et sans sulfitage), tendre (élevage court) et délicate, gourmande et très aromatique (une bombe de fruits rouges) !

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Un de mes hotspots « hanamissiens » préférés se trouve au sein du vignoble d’Irancy dans l’Yonne :

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Cela vaut bien un haïku du maître Kobayashi Issa (1763-1828) pour rendre hommage à ce paysage (di)vin :

Être rien qu’en vie

à l’ombre des cerisiers

cela est miracle…

 
 

 

En quête de l’invisible…

Actualité vineuse

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« Quand un peintre crée dans le nord il doit trouver la lumière, quand il descend dans le sud où la lumière est abondante jusqu’à écraser le motif, l’artiste doit trouver l’invisible… »

Il en est de même pour le vigneron, peintre des arômes du vin. En interprétant un terroir, il compose une œuvre qui le dépasse, esthétique et émouvante. Il rend visible…

« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible »  disait Paul Klee…

Dans le sud, plus que nulle part ailleurs, le vigneron doit dompter l’omniprésente lumière solaire, et la restituer dans ses vins dans une composition harmonieuse qui préserve l’équilibre de ses crus.

Illustration avec ces billes de grenache (du Clos de la Barthassade, IGP Hérault), croquantes à souhait, mûres à cœur, tout en délicatesse, et portées par une incroyable sensation de fraîcheur qui nous fait oublier les 14,5° d’alcool…

 

 

Avis de masterclass à la DIVINS cave : plongée dans la neuroenologie !

Actualité vineuse

DIVINS vous convie à une master class exceptionnelle

le jeudi 25 janvier 2018, de 20h à 22h30

QUAND LES NEUROSCIENCES

S’INVITENT A LA DÉGUSTATION

Le vin est un équilibre subtil et complexe d’arômes, de saveurs, de textures et de sensations ineffables. La dégustation met nos sens à vif selon des processus qui commencent à être élucidés par les Neurosciences. Pour appréhender pleinement le vin dans toutes ses dimensions, cette master class vous fera plonger dans les méandres de votre cerveau. Cette expérience unique vous fera  comprendre comment se forme le goût du vin, comment nos différents sens participent à son analyse et comment de la représentation mentale du vin naissent émotions, plaisirs et harmonie. Une dégustation neurosensorielle pour augmenter notre réceptivité à la complexité d’un grand vin.

 Une soirée coanimée par :

Gabriel Lepousez, chercheur en neurobiologie au sein de l’unité Perception et Mémoire à l’Institut Pasteur.

Jean Lenoir, créateur des coffrets d’arômes pédagogiques LE NEZ DU VIN.

Thomas Bravo-Maza, journaliste spécialisé en vins, cave Divins

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3 vins seront dégustés et commentés au fil de la soirée. Une collation sera également servie.

Prix : 40 euros/personne.

Nombre de places limité à 24 personnes, ne tardez pas à vous inscrire à :

divins.paris@gmail.com

25 rue HEROLD 75001 Paris