« Notre cerveau face à l’esthétique des grands vins » : une dégustation inédite le 14 décembre à la « DIVINS Cave » !

Actualité vineuse

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Le 14 décembre 2017 à Paris (25 rue Hérold) de 20 heures à 22 heures :
NOTRE CERVEAU FACE A L’ESTHETIQUE
DES GRANDS VINS
Le vin met nos sens à vif selon des processus
encore mal connus qui commencent à être
élucidés par les Neurosciences. Mais, tout
comme la nature ou une œuvre d’art, le grand
vin est un objet de contemplation qui se
construit dans l’harmonie et fait naître des
émotions. Une approche esthétique du vin peut-
elle nous aider à mieux le comprendre? Voyage
sensoriel au cœur de notre cerveau et regards
croisés d’amateurs d’art, pour augmenter notre
réceptivité à la complexité d’un grand vin.
 
Une soirée co-animée par :
Gabriel Lepousez, chercheur en neurobiologie à l’Institut Pasteur.
Jean-Noël Rieffel, créateur et animateur d’un blog oenopoétique
Thomas Bravo-Maza, réalisateur, journaliste spécialisé en vins
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Portrait in wine : Thomas Bravo-Maza (2/2)

Actualité vineuse, Non classé, Portraits "in wine"

Parmi les rencontres importantes que tu as faites dans le monde du vin, il y a celle avec Claude Chabrol…  

Je dois mettre les choses au point concernant ma relation avec Claude Chabrol. Je connaissais beaucoup moins Chabrol que certains ne le prétendaient. On a fait des escapades ensemble, en cachette de sa femme, mais je n’étais pas un de ses amis proches. Je l’ai vu à Paris place des Vosges, au Croisic, sur le tournage de son dernier film Bel Ami où j’apparais dans une scène avec Depardieu, en simple figurant. Chabrol, je suis venu vers lui. La première fois que je l’ai croisé, j’étais étudiant rue d’Ulm (ENS), il est passé dans la rue, j’ai dit à l’une de mes amies qui m’accompagnait, « vas-le voir, dis-lui que je l’adore ». Je n’osais pas l’aborder. Et des années plus tard, j’apprends par la femme de mon père (que je n’ai pas connu), que Chabrol et lui s’étaient bien connus. Je l’ai alors rencontré et Chabrol m’a parlé de mon père, alors que peu de gens ont pu le faire auprès de moi. De là, s’est créé un lien fort pour moi. Et puis, comme il savait que je voulais faire un article sur sa relation à la nourriture et au vin dans son œuvre cinématographique, on s’est revus et il a eu cette générosité merveilleuse de m’inviter au Croisic. Le problème, c’est quand il a su que j’allais débarquer avec des bouteilles pour le déjeuner (et je suis venu avec 7 bouteilles), il a réservé en cachette de sa femme (sa femme surveillait attentivement sa santé fragile et sa consommation d’alcool) au restaurant Le Lénigo sur le port du Croisic, où il avait ses habitudes. Et là, nous avons déjeuné avec une amie commune et avons bu 7 bouteilles de vins… Ce repas extraordinaire restera la plus belle descente du Yang Tsé Kiang comme celle que l’on voit dans le film « Un singe en hiver » !

Claude Chabrol a dit (Pensées, répliques et anecdotes) « un type qui ne boit pas de vin, ne connaîtra jamais le bonheur ». Es-tu d’accord avec ça ?

Oui, il a totalement raison. Derrière ces mots, il y a aussi dans la démarche de Chabrol l’idée de dire que le vin est beaucoup plus accessible qu’on ne le pense. Quand je parlais de simplicité, Chabrol avait un rapport extrêmement simple et franc avec le vin. Il n’avait aucun rapport élitiste avec le vin : il ouvrait une bouteille comme on doit se lever le matin, sans rien attendre, sans savoir ce qui va advenir. Il laissait le vin venir …

Le problème avec les grands vins, c’est qu’on les attend, c’est qu’on les envisage beaucoup à l’avance et qu’on s’en fait toute une montagne et parfois, on est un peu déçu. D’ailleurs Chabrol disait « il n’y a pas de grands vins, il n’y a que de grandes bouteilles ». Cela me fait penser à une anecdote qu’il m’a racontée. L’un de ses amis, charcutier à Saumur, récupérait des « caves de veuves » avec la complicité de notaires. Ces veuves voulaient se débarrasser de toutes ces bouteilles qui étaient selon elles responsables de la mort de leurs époux. Par cette astuce, Chabrol avait acheté un jour 3 bouteilles de Nuits-Saint-Georges 1945, qui avaient toutes été stockées au même endroit, étaient toutes issues du même vigneron, et avaient toutes été mises en bouteille au même moment. Toutes les trois se sont avérées être extrêmement différentes lors de la dégustation. La première étant bonne, la seconde extraordinaire, la troisième complètement loupée… Chabrol disait qu’il n’y a pas de vérité absolue dans le vin ! C’est pourquoi, on doit toujours être dans une forme de simplicité par rapport au vin.

Je sais que tu es un cinéphile averti. Quel vin faut-il boire en regardant :

  • « Le Boucher » de Chabrol : il faut boire un des vins les plus sanguins qui soit, une côte rôtie ou un cornas.
  • « Fitzcarraldo » d’Herzog :  c’est l’un de mes films préférés. Je dirai une Petite Arvine de Marie-Thérèse Chappaz ou un Pouilly-Fumé « Pur Sang » de Didier Dagueneau. Des vins d’une expressivité folle.
  • « L’aventura » d’Antonioni, : je dirai qu’il faut boire un vin qui a du coffre et de la finesse. Un vin qui laisse sans voix. Je pense à un Barolo Brunate de Roberto Voerzio.
  • « La piscine » de Jacques Deray : La piscine avec Romy Schneider. Ici, chez DIVINS, il y a devant la table de dégustation en marbre de carrare, une photo de Romy… Il y a des héroïnes dans ma vie, Romy en fait partie. Romy c’est la grâce… (NDLR : forte émotion, Thomas ne parvient plus à ajouter un mot…)
  • « Vertigo » d’Hitchcock : c’est selon moi, le plus grand film de ‘l’histoire du cinéma pour son image et pour sa musique. J’ai eu la chance qu’Alexandre Desplat me fasse l’amitié de venir lors de l’ouverture de la cave, et nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises de discuter de ce film d’Hitchcock en évoquant la survivance après la mort. L’homme se différencie de l’animal dans cette capacité à faire revivre les morts dans tout ce qu’il faut. Vertigo, c’est cette histoire-là, avec le même amour qui passe dans plusieurs corps. Et, il y a ces couleurs vertes et rouges, qui sont le symbole de la mort et de la vie. Tout cela est mêlé. Je pense qu’il faut boire un grand vin jaune en regardant ce film. Le vin jaune, c’est l’idée d’un vin qui ne devrait pas exister si on écoute Louis Pasteur (ce vin devrait être transformé en vinaigre après 6 ans et 3 mois de futs…). Or, ce vin revient d’entre les morts. Le scénario originel de Vertigo c’est ce livre de Boileau et Narcejac qui s’appelle « D’entre les morts ». Le vin jaune est un vin qui revient d’entre les morts… et qui peut durer des siècles ! C’est un vin immortel. Le vin peut, l’espace d’un instant, procurer ce sentiment de jeunesse éternelle.

Puisqu’on évoque la mort, il me semble que dans cette cave, tu souhaites aussi rendre hommage à certains vignerons qui ne sont plus parmi nous ?

J’ai effectivement aussi ouvert une cave pour rendre hommage à certains vignerons qui nous ont quittés, même si quand on est vigneron on devient immortel. Je suis encore très bouleversé par la mort récente de Haridimos Hatzidakis, sans doute le plus grand vigneron grec. Il s’est donné la mort au début des vendanges il y a quelques mois. Cela fait écho à une autre mort, celle d’un vigneron oublié, mais c’est également mon rôle de lutter contre l’oubli : Michel Pech… En 1995, j’avais mes habitudes dans un bar à vin du 18ième arrondissement de Paris. Cet endroit, tenu par une ancienne banquière, s’appelait le moulin à vins. Un jour, elle me sert un blanc que faisait Michel Pech (domaine de l’Aube des Temps) sur la commune de Raissac d’Aude. Tous ses vins étaient estampillés vins de France. Ce vin a été porteur d’une émotion incroyable et j’ai tenu à faire l’aller-retour depuis Paris pour le rencontrer. C’était un homme extraordinaire. Malheureusement, il s’est pendu peu de temps après dans son chai. Si je fais ce métier de caviste, c’est aussi pour ne pas oublier tous ces vignerons.

Quel vin souhaites-tu offrir à tes invités le jour de tes obsèques ?

Je ne peux pas ne pas penser à Claude Nougaro et sa chanson « dansez sur moi le jour de mes funérailles, que la vie soit feu d’artifice et la mort un feu de paille ». Les bouteilles sont déjà toutes là dans ma cave, Cela devra être une fête avec tous ces vins qui m’entourent. Je ne veux que des rires et des souvenirs joyeux.

Le vin est-il sacré ?

J’ai toujours été un rationaliste, laïque, agnostique. Je ne crois pas en Dieu, mais j’ai une ambiguïté et je la revendique : je parle souvent de « vins cathédrales », j’ai grand plaisir à rentrer dans les églises, à parler avec des gens qui croient en Dieu. Pour autant, selon moi, le vin n’est pas sacré. C’est l’homme qui est sacré. Le vin est un intermédiaire entre les hommes, un passeur. Il y a une très belle nouvelle de Flaubert qui s’appelle « La légende de Saint-Julien l’hospitalier ». C’est très beau cet homme qui fait passer les humains d’une rive à l’autre. Pour moi, c’est ça le vin.  Si le vin a quelque chose de sacré, c’est ça. Je ne déifie pas le vin. Je ne garde pas mes anciennes bouteilles, je ne collectionne pas les étiquettes. Ce qui m’intéresse, ce sont les vins que je vais boire. Comme le disait Pierre Veilletet, « la cave, c’est ce qui reste quand on a tout bu » !

Quel est le vin de tes superlatifs ?

Il n’y a pas longtemps, j’ai dîné avec des amis. A la fin de la nuit, alors qu’on avait déjà beaucoup bu, la lumière est révélée, on est de plus en plus performants dans la dégustation. Et un peu, comme dans l’un des films de Claude Chabrol (« Les innocents aux mains sales »), les deux inspecteurs de police, plus ils boivent, plus ils comprennent comment le crime a été perpétré. Et bien, en fin de nuit, je reconnais à l’aveugle une Romanée St Vivant 2007 de Lalou Bize-Leroy. Et, il était 4h du matin, mes camarades m’ont laissé finir la bouteille. J’ai mis la bouteille dans ma poche et je suis rentré chez moi. Le lendemain matin, en me réveillant, je sens une forme dans le lit et en fait, contre mon ventre, il y avait la bouteille. J’avais dormi avec une Romanée Saint Vivant !

J’aime la Romanée Conti, mais la Romanée St Vivant c’est vraiment un rouge qui me parle des fleurs, des relations avec les gens, c’est une évidence dans le vin. La Romanée Saint Vivant, c’est l’évidence du vin.

Qu’est-ce qu’un grand vin finalement ?

C’est un vin simple, moral. Un vin fait d’images, de musique, de souvenirs.

Philippe Claudel dans la préface du livre de Gert Crum sur le domaine de la Romanée Conti, écrit que « le temps de la dégustation déchire en nous des pans entiers de noir pour les mettre à la lumière. » Le vin nous aide à retrouver des arômes enfouis, des souvenirs tactiles, il fait remonter de la nostalgie, chez moi c’est très profond. Il fait revenir en moi des moments d’enfance qu’on cache dans sa vie d’adulte, des mots qu’on n’arrive pas à dire… et le vin les dit. J’ai autant d’émotions avec un Muscadet, un Bouzeron, un vin du Vendômois, ce n’est ni une question d’étiquette, ni de rareté, ni de prestige.

Quand on a des amis, on a des devoirs vis-à-vis d’eux. On a le devoir de les accueillir comme si c’était le dernier jour. On a le devoir de partager le meilleur avec eux. Dans la plus grande simplicité, on doit leur offrir les vins qu’on aime le plus. Donc un grand vin, c’est un vin qui célèbre l’amitié.

Propos recueillis le mercredi 8 novembre 2017, à Paris.

Vin’île

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Se rendre sur une île, c’est quitter le vacarme du monde, c’est prendre le temps de rentrer en soi-même (comme le fait un grand vin qui infuse dans tous nos sens), c’est s’enivrer de silences et de douces rêveries contemplatives, c’est sentir le goût vivifiant de l’iode, c’est s’émerveiller des subtiles lumières marines chères à William Turner, c’est redécouvrir la joie de voir la voie lactée (« nous sommes tous dans la boue, mais certains d’entre-nous regardent les étoiles » s’amuserait à dire avec malice Oscar Wilde), c’est égrener par poignées le sable : « cette matière de fin du Monde, où tout est aboli dans une pureté, une douceur lumineuse infinies » (Alfred Manessier). Bref, ce sont des moments de délicate beauté...

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« Bonheur de l’aube » ( © Léon Mazzella) sur l’île de Sein

Enfin, c’est déguster un verre de vin’île …

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en écoutant black sails de ce groupe de jazz (aux envolées électro-planantes) qui nous vient du Royaume-Uni : https://mammalhands.bandcamp.com/track/black-sails

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« Au petit matin,

La nuit se dénude de ses dernières étoiles

Le haut du ciel se teinte de nacre

Et le soleil illumine les confins de l’Orient

Que le phare balaie encore de ses feux.

 

La terre frémit et s’éveille,

Des froissements d’ailes

Calligraphient le ciel. »

 

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« Sur ce bout de terre émergeant de la mer infinie

Dévoré par les assauts sensuels de l’océan,

Balayé par les rafales salines du vent…

 

La mer se veine de ridules d’écume,

Et la clameur des vagues gronde déjà sur le sable…

La splendeur ne dure qu’un instant

Et le tumulte une éternité… »

Elle est née la « Divins cave » !

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« Les savants souffrent d’un complexe du vin. Il ne fait pas sérieux.  En effet, il n’est pas sérieux, il est divin. (…) De toute humanité, une seule chose est sûre, le vin est un dieu. Un dieu si évident pour tous qu’il a pu passer d’une civilisation à l’autre sans changer d’état civil : Dionysos et Bacchus sont interchangeables . » (Raymond Dumay, La mort du vin).

©Cave Divins

La divine cave gourmande parisienne est née, lovée dans son écrin noir très « soulagien » au cœur de la rue Hérold (numéro 25) à deux pas de la place des Victoires et des jardins du Palais Royal. Comme dans les toiles de Pierre Soulages, du noir jaillit la lumière, celle du verre de vin qui épouse le soleil….. Derrière la lourde vitre, on décèle de nombreux flacons alignés sur des étagères pleines de promesses…

Le patron des lieux, c’est Thomas Bravo-Maza, un très bon ami journaliste (spécialiste de l’oenotourisme à la Revue des Vins de France notamment, réalisateur du magnifique film « Quatre saisons à la Romanée Conti », auteur avec Jean-Pierre Coffe du guide « Mes vins préférés à moins de 10 euros » etc), érudit à la sensibilité vineuse aiguë, à la passion bachique communicatrice et exigeante, fin connaisseur des vignerons faiseurs de vins de caractère (avec qui il a conservé un lien étroit) et enfin ardent défenseur du goût du vin.

Thomas a toujours été animé par cette envie irrépressible de faire connaître et faire partager ses coups de cœur pour les grands vignerons d’aujourd’hui et de demain, de France ou du bout du monde. Pour ce faire, il a sélectionné dans sa cave 250 références ! Vous y trouverez des vins rares, des vins étonnants d’ici ou d’ailleurs, toujours faits par de grands vignerons, des hommes et des femmes dépositaires de savoir-faire uniques, dans le respect de l’homme et de la nature.

©Cave Divins

A la Divins cave, on est loin d’une offre vague et impersonnelle d’un caviste lambda…  Dans une approche émotionnelle, Thomas nous clame avec grande sincérité, son amour du beau vin, son profond respect pour l’œuvre des vignerons. Ecoutons-le nous chuchoter ceci :

« Le goût du vin, avouez que ce sont surtout des images, et c’est cela aussi qui nous plaît. En bouche, le vin procure alors des émotions si précises que le souvenir d’une œuvre et de ses détails les plus infimes revient vous étreindre. »

Par son approche, Thomas redonne clairement vie à ces mots de Francis Ponge (Pièces) : « Comme de toutes choses, il y a un secret du vin ; mais c’est un secret qu’il ne garde pas. On peut le lui faire dire, il suffit de l’aimer, de le boire, de le placer à l’intérieur de soi-même. Alors il parle… »

Le vin est l’art du temps. Chaque bouteille est unique, elle renferme un instant d’éternité. Thomas qui a bien connu Claude Chabrol vous répondrait : « il n’y a pas de grands vins, il n’y a que de grandes bouteilles » ! Incontestablement, sa cave en recèle…

©Cave Divins

 

Pour les fêtes de fin d’année, le meilleur des mariages entre vin et mets, c’est l’adultère !

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Le Christ et la femme adultère, Lucas Cranach l’Ancien

Cette phrase n’est pas de moi, mais de Christian Millau, créateur du guide gastronomique éponyme, dans Le Petit Roman du Vin

A l’approche des fêtes de Noël, elle prend tout son sens ! Écoutons ce que nous confie cet amateur éclairé des plaisirs de la bonne chère :

« Le (bon) goût a besoin de normes. Le musicien a ses notes, le peintre ses tubes de couleur et l’amateur de la table veut entendre la petite musique qui résonne harmonieusement entre la texture d’un vin et celle d’un mets. Donc, il évitera les fausses notes et les unions malheureuses mais ne se privera pas pour autant d’expérimenter ces mariages originaux et même audacieux dont ne se privent ni les musiciens, ni les peintres ou les poètes.  Le seul garde-fou est le respect des saveurs. (…) la recherche d’un équilibre et d’une complémentarité.

(…) Mais ne sommes-nous pas assez grands pour ne pas vivre notre vie, librement, juste poussés par la curiosité, l’impulsion, l’envie d’expérimenter, de nous forger un goût par nous-mêmes, quitte à se casser le nez de temps en temps ? « .

Osez osez jeunes gens ! Vivez librement votre vie vineuse ! Soyez fougueux, curieux, et intrépides ! Tentez l’accord inédit et réussi pour les fêtes de Noël !

Associez le sandre de Loire et un Marsannay de René Bouvier, vos huîtres et un vin blanc de  Santorin, vos fromages à pâte persillée (roquefort and co) et un porto blanc Niepoort « 10 years old », une côte de bœuf maturée  et un vieux calvados, du gibier à poils ou à plumes et un majestueux Côte Rôtie de chez Guigal, du veau et un Bourgeuil de chez Yannick Amirault, votre Canard apicius au miel aux épices (copyright  Alain Senderens) et un vieux Banyuls de la Rectorie, un plat aux accents asiatiques et un Condrieu de Georges Vernay !

Bannissez sagement le foie gras en entrée ! Préférez-le en fin de repas accompagné d’un vieux porto, ou à défaut, d’un Madiran judicieusement sélectionné (NDLR : quelques pistes chez A. Brumont…). En effet, en début de repas, un liquoreux gâcherait la symphonie gustative de vos agapes…

Optez pour le vin blanc sur le fromage, il obtient incontestablement la palme de l’harmonie aromatique. Vendanges tardives d’Alsace ou Quarts de chaume de Loire et roquefort, vouvray demi-sec et camembert, sancerre et chèvre demi-sec, chignin et vieille tomme, condrieu et vacherin…

Vous ravirez alors vos invités… définitivement cocus malgré eux 😉

Silence, je déguste !

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L’instant de la dégustation nécessite une part de silence, au risque d’influencer définitivement notre perception du vin. Le silence est souvent trop vite sacrifié par une conversation spontanée pour prendre l’avis de notre voisin, ou par un commentaire lâché pour influencer et marquer son empreinte sur l’assemblée des dégustateurs…

La dégustation d’un grand vin impose quant à elle, un silence monacal, propice à laisser pénétrer en nous l’âme du vin, le souffle de son terroir, son étoffe, sa sève, ses arômes, et toutes les émotions qu’il véhicule. Un grand vin ne se révèlera qu’au cœur du silence, le silence des caves cher à Pirotte, là où se bonifie l’or jaune…

Finalement, la dégustation d’un vin, ce sont les noces de la parole et du silence. Une beuverie festive où le silence est exclu, n’est finalement guère propice à rendre hommage à un grand vin…  Déguster, c’est savoir faire silence.

B Buffet

Femme au verre de vin, Bernard Buffet.

Du silence in Possibles futurs, Guillevic :

« Je fore,
Je creuse.
Je fore
Dans le silence
Ou plutôt
Dans du silence,
Celui qu’en moi
Je fais.

Et je fore, je creuse
Vers plus de silence,

Vers le grand,
Le total silence en ma vie
Oui le monde, je l’espère,
Me révélera quelque chose de lui.

C’est le silence
Qui m’apporte, qui me donne
Le souffle du monde.

Il me permet
De me connaître en lui
À l’écoute
De mon être
Tel que je le pressens.

Il m’ouvre une porte
Sur un espace de calme
Où s’éclaire la présence
Indispensable. »

Mélodie sur la vigne !

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Chacun sait que la musique agit sur l’humeur des humains et de certains animaux. Depuis les années 60, de nombreux chercheurs ont démontré que la musique pouvait agir sur la croissance des plantes, notamment Joël Sternheimer, Docteur en physique et musicien. Ses recherches, depuis plus de 40 ans, ont mis en évidence que :

  • Les différents niveaux d’organisation de la matière (inerte ou vivante) sont reliés par des  ondes  qui en assurent la cohérence ;
  • Lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés émettent des séquences de signaux quantiques qui constituent une mélodie spécifique de chaque protéine ;
  • Les transpositions audibles de ces mélodies peuvent influer via une forme de résonance sur le taux de synthèse des protéines.

Le chant des protéines

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Pour la synthèse d’une protéine, lors de sa transcription sur un ribosome à partir de l’ARN, la succession des accrochages d’acides aminés se traduit par l’émission d’une suite de fréquences caractéristiques de cette protéine. Bien sûr, les ondes associées aux acides aminés qui composent les protéines ont des fréquences très élevées, inaudibles pour l’oreille humaine. Cependant, leur transposition dans la gamme audible permet d’en avoir une représentation exacte, homothétique des mélodies associées à la synthèse de chaque protéine.

Les observations jusqu’ici réalisées indiquent que les organismes vivants sont capables de reconnaître ces séries de sons harmonisés, directement accordés aux acides aminés dont la séquence compose les protéines. Ces séries de sons sont appelées « protéodies » (ça sonne bien ! 😉

Ainsi, une protéodie peut stimuler ou inhiber la synthèse de tout type de protéine. Elle permet ainsi de réguler, en cas de besoin, les processus biologiques dans lesquels des protéines sont impliquées.

De la musique pour soigner la vigne malade

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Le clocher de Vouvray depuis le Clos du Bourg, célèbre parcelle du domaine Huet

Depuis quelques années, la musique est utilisée par les viticulteurs pour lutter contre l’esca, une armada de champignons qui attaque la vigne au début de l’été (à la faveur de conditions météorologiques humides comme en ce moment…). Les champignons pénètrent le bois, s’attaquent aux vaisseaux qui conduisent la sève et les bouchent.

La mélodie est diffusée deux fois par jour par des haut-parleurs placés au milieu des vignes. Ce n’est ni du rock, ni de la musique classique, mais de la musique organique !

La diffusion du son va, en fonction de ses vibrations, stimuler les protéines de la plante attaquée, tout en annihilant les protéines de l’agresseur. Il est ainsi possible d’entretenir un dialogue entre l’espèce végétale qui attaque et celle qui est attaquée.

C’est le cas chez une douzaine de professionnels à Vouvray (Indre-et-Loire), et notamment au célèbre domaine Huet qui produit les plus beaux Vouvrays de l’appellation.

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Au domaine Huet à Vouvray, les résultats sont d’ores et déjà concluants :

 » La partie non protégée par la musique était plus atteinte par la maladie que la partie protégée. Après quatre ans de pratique, la mortalité a baissé de 40% dans la parcelle où l’on diffuse de la musique. »
Grâce aux protéodies, la récolte 2016 sera peut-être sauvée !
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Le vin d’une vie ?

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En lisant cette sympathique bande dessinée vineuse (comme il en sort de plus en plus ces derniers temps) intitulée « Un Grand Bourgogne Oublié », – qui fait d’ailleurs la part belle à un formidable et attachant vigneron du Mâconnais (Emmanuel Guillot du domaine Guillot-Broux, pionnier du bio !) – je me disais que nous avons effectivement tous en nous un vin qui nous parle plus que les autres… et qui a définitivement une place à part dans notre panthéon vineux …

Red Wine glass and Bottle

Un vin qui nous colle une chair de poule incurable, qui nous berce d’émotions inégalées ! Un vin qui fait écho à ces phrases célèbres :

« A l’instant même où la gorgée (…) toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie ? »

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913.

En ouvrant une bouteille de ce vin, ce sont soudainement les portes du paradis qui s’ouvrent. En finissant la bouteille, il redevient une quête infinie, une obsession… Bref, il vous hantera toute votre vie « pinardière »…

Pour ma part, c’est un Grand Cru de Chambertin… un Charmes (il porte bien son nom !)… et pour vous, qui est-il ?

 

« Ils ont les armes, on a le champagne ! »

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La réponse de Charlie Hebdo à la barbarie des fanatiques : ils ne nous empêcheront pas de continuer à rêver, à vivre en toute liberté, et à faire sauter les bouchons de champagne en terrasse de café ! Comme le dit si bien Jean-Paul Kauffmann : « L‘humour a ceci de commun avec le champagne qu’il libère une énergie emprisonnée. »

« Le champagne emporte avec lui l’idée de bonheur et de joie, d’élégance, de folie. Il marque le rite de passage, un changement de direction, une phase nouvelle… »

(Jean-Paul Kauffmann in « Remonter la Marne »)